Renoncer à la vie haut carbone, un peu de méthode.

A la lecture du dernier numéro de Socialter sur les choses auxquelles nous devons renoncer pour faire face à la crise environnemental, j’ai eu l’impression que l’angle de la méthode n’était pas vraiment abordé. Il est pourtant essentiel, car afficher un objectif totalement déconnecté des préoccupations quotidiennes n’a que peu de chances de se concrétiser sans plan d’action adapté. 

Dans son numéro 50, le magazine aborde tout le spectre de la décarbonation de son mode de vie : division par 5 de son empreinte carbone, renonciation aux gadgets et la frugalité, le partage des possessions, la redirection écologique, le boycott, etc. Bref c’est tout l’inverse de la société de consommation en somme ! Ce sont toutes de bonnes idées, et Socialter est fort pour vulgariser, mais aucune d’elles n’est véritablement applicable dans l’immédiat. Au final beaucoup de belles idées, mais peu de méthode pour apprendre à renoncer concrètement.

L’exemple le plus fort était celui sur le budget carbone. Ceux qui ont déjà lu mes articles savent que je prône également la réduction à 2 tonnes de CO2. De toute façon, nous n’avons pas le choix. Mais pour renoncer à ces 8 tonnes excédentaires, nous avons besoin d’une méthode. Après tout, si vous vous contentez de faire un régime sans y réfléchir, vous n’arrivez à rien, voire reprenez du poids (parfois plus) et arrêtez tout effort. Pour le carbone, c’est pareil. 

A quoi faut-il renoncer ? 

J’ai déjà abordé à plusieurs reprises le sujet du changement nécessaire dans les modes de vie. Mais il n’a en fait rien d’évident. Il y a quelques semaines, je calculais mon empreinte carbone individuelle sans recourir à un simulateur, mais en recensant systématiquement mes consommations de l’année pour obtenir une estimation aussi précise que possible. Au final, le résultat était 20% supérieur à celui du simulateur de l’Ademe.

Avec 4,4 tonnes de co2 par an, je peux être considéré comme un bon élève. Appartenant au 6e décile de revenu, je suis justement censé avoir dans les 10T de co2 comme empreinte carbone. Vivant seul, je n’ai par contre pas d’économies d’échelles. A l’inverse, je vis dans une ville moyenne et y travaille, ce qui m’avantage. C’est difficile de déterminer ce qui est vraiment déterminant mais ces facteurs sont fondamentaux dans l’analyse des besoins individuels. 

Malgré mes nombreux efforts et sacrifices, je ne suis pourtant qu’au ⅔ de l’objectif, et non seulement je ne sais pas vraiment comment faire mieux, mais en plus j’ai conscience que mes efforts sont difficiles à assumer alors que tout me pousse à faire le contraire. Il m’arrive de parler de ma démarche autour de moi, mais mes interlocuteurs savent aussi que je renonce à des aliments que j’adore (la viande par exemple), fait des écogestes qui n’ont pas de portée (réduire le chauffage à 17°C alors que je me chauffe à l’électrique) ou ne pars jamais en voyage alors que la plupart des jeunes ne cessent de raconter des voyages exotiques stupéfiants.  

Du fait du poids même de l’administration dans l’empreinte carbone actuelle, pour être en dessous des 2T à court terme, il faut quasiment tout cultiver soi-même, vivre dans un studio bien isolé, ne pas se déplacer autrement qu’en vélo et en train et ne rien acheter de neuf. Facile non ? Renoncer à son empreinte carbone actuelle signifie se sacrifier. Et ce n’est pas un bon message. personne n’a envie d’être un martyr en arrêtant la viande, les voyages en avion, les SUV et la fast fashion. La méthode actuelle ne permet donc pas d’y renoncer facilement.

Les ménages vivant à la campagne et travaillant loin ne peuvent pas le faire. Les locataires de passoires énergétiques dépendent de leur propriétaire. Et de toute manière, rares sont ceux qui ont envie de réduire leur consommation de viande, de vêtements et de loisirs.

En fait le message de l’empreinte carbone à 2T ne touche que ceux qui étaient déjà sensibles à l’urgence d’agir immédiatement. Les autres, il risque surtout de les braquer en faisant passer les écolos pour des dictateurs qui n’aiment pas s’amuser et préfèrent vivre dans des cabanes de hobbit. Ou des gens qui pensent que nous devrions tous vivre comme des Indiens (qui ont une empreinte en dessous de 2T tout en vivant dans un pays relativement développé). Ça ne donne pas envie ! Si les personnes conscientes ne peuvent pas atteindre cet objectif, comment croyez-vous que ceux qui n’y croient pas vont le percevoir ?

Pourquoi nous n’arrivons pas à renoncer spontanément

La conscience qu’il y a un problème avec notre mode de vie est de plus en plus répandue au sein de la population française. Ou du moins, la conscience qu’il y a une crise environnementale dont nous sommes responsables; Cette prise de conscience ne se traduit pourtant pas par des actes, et c’est tout à fait normal;  Nous devons mettre pour le comprendre nos lunettes 4D : Disposition, Distraction, Dépendance et Défiance

Nous n’avons pas naturellement la disposition de changer. Les trop nombreuses distractions qui nous assaillent nous empêchent de réfléchir à comment lever les dépendances qui nous entravent, tout en renforçant notre sentiment de défiance envers autrui. 

La disposition a changer est un processus long et complexe, qui se renforce au contact de ses amis, s’épanouit dans un cadre émotionnel adapté et se concrétise lors de cette étincelle de la suggestion concrète de l’action. Quand vous abordez une personne inconnue pour lui parler d’un sujet sur lequel s’engager, vous savez dans les 15 secondes à quel groupe elle appartient : les partisans, les indécis et les opposants. Seuls les partisans s’engageront, tandis que les indécis auront encore besoin d’y réfléchir, et même si vous aurez alimenté leurs réflexions, ils ne changeront pas de posture tout de suite. Les articles sur l’empreinte bas carbone apportent des éléments nouveaux, mais ne suffisent pas à changer. Les obstacles sont trop forts en face.

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Les enquêtes sur le poids des sujets environnementaux dans les articles médiatiques (TV et presse écrite) sont assez éloquents, puisque ceux-ci représentent moins de 1% des sujets évoqués. A la place, nous allons parler sport, starlette et autres conneries qui font les choux gras des journaux. La publicité nous sollicite sans cesse en nous suggérant d’acheter ce dont nous n’avons pas besoin, tandis que l’autoplay et l’enchaînement des épisodes sur les réseaux sociaux et fournisseurs de film en streaming nous pousse à visionner de plus en plus de vidéo sans y réfléchir. Les notifications des smartphones nous donnent envie de le consulter tout le temps pour savoir ce qui aurait pu se passer d’incroyable dans l’intervalle. Conséquence, nous avons tous l’impression de manquer de temps pour ne rien faire, pour lire, pour nous promener, pour passer du temps avec ceux que nous aimons, pour faire du sport. 

Or ce temps, nous le perdons aussi parce que notre mode de vie est contraint par des dépendances (ou des attachements selon la théorie de Bruno Latour) qui nous paraissent inamovibles. Ce sont des points des frictions, des éléments constitutifs de notre existence auxquels nous tenons, mais qui peuvent aussi nous tenir, nous contraindre. Pour pouvoir nous loger avec un jardin, nous sommes contraints d’acheter à la campagne. C’est pourquoi il nous faut une voiture pour aller travailler, et donc perdre du temps dans les transports et de l’argent dans le carburant. Pour diminuer ces contraintes, nous privilégions les zones commerciales périphériques, moins chères et plus pratiques d’accès, ce qui dévitalise les centre villes et affaiblit l’industrie française. Mais comme les médias et publicités nous ont donné envie de partir en voyage, d’acheter le dernier smartphone et d’avoir de beaux vêtements, nous sommes obligés de continuer à travailler dans un boulot néfaste pour l’environnement, trop loin, trop chiant, mais stable. Nous sommes piégés dans nos dépendances.

Et puis pourquoi changer si les autres ne changent pas eux-mêmes. La plupart des gens pensent que les autres ne respecteront pas la règle, de sorte que ceux qui s’y plieront seront les dindons de la farce. Nous nous promettons l’amour jusqu’à la mort et finissons par divorcer. Nous signons des contrats à durée indéterminée mais notre patron finit par nous virer. Les appareils électroniques contiennent une obsolescence programmée qui n’était pas annoncée. Se garer devant chez soi devient un enfer quand les 3 enfants du voisins achètent chacun leur voiture et refusent d’aller se garer sur le parking au coin de la rue. Petit à petit, notre capacité de confiance interpersonnelle s’érode. Notre individualisme nous poussé également à ne plus accorder notre confiance à nos concitoyens, d’autant plus que les distractions et dépendances nous poussent à tricher un peu pour y gagner en marge de manoeuvre. D’ailleurs, les élus sont les premiers à se gaver n’est ce pas ? Les grandes entreprises pratiquent la fraude fiscale en toute impunité et les policiers sont bien payés mais ne sont jamais là quand on a besoin d’eux. Cette perte de confiance généralisée se traduit en méfiance, puis une fois le sentiment de trahison, de non considération, bien ancré, en défiance. La coopération n’est alors plus possible. 

Ces 3 dimensions nous rappellent  que cette crise n’est pas seulement environnementale. Pour renoncer, il ne faut pas seulement une méthode de transition écologique, mais aussi sociale, médiatique et démocratique, avec en toile de fond la régulation de la technologie.  Si nous ne considérons pas ces 3 facteurs, ne levons pas les obstacles qu’ils posent, nous ne pourrons jamais réduire l’empreinte carbone des français sans passer par des réductions contraintes. C’est d’autant plus complexe que les 3 facteurs sont interconnectés les uns aux autres. 

Si nous considérons notre société comme un bien commun, il ne peut plus être géré correctement et équitablement dans ces conditions. Nous avons besoin de plus en plus de ressources pour maintenir notre confort, n’avons plus le temps de faire les travaux communs d’entretien et de concertation, et de toute façon n’avons plus assez confiance en les autres usagers de la ressource commune.

Informer ne suffit pas

Ces articles, ces jeux (2 tonnes, inventer nos vies bas carbone) et documentaires qui nous demandent de diviser par cinq notre empreinte carbone ne font pour l’instant que convaincre les convaincus, quand les autres les ignorent royalement ou alors sont renforcés dans leur sentiment que les écologistes sont des bobos déconnectés des réalités matérielles.

L’idée est d’essayer d’ouvrir la fenêtre d’Overton, du nom du lobbyiste qui en a défini le principe, pour que cette idée soit abordée dans le débat public, soit reprise dans les médias, adoptée par des personnalités politiques et suscitent des débats. C’est ainsi que fonctionne l’extrême droite (d’ailleurs Overton était un néolibéral réactionnaire américain)  en parlant de grand remplacement. Ce qui était une idée scandaleuse et anecdotique il y a 15 ans a été reprise par le gouvernement en place, pourtant centriste, et est au coeur des stratégies électoralistes. D’abord votre idée parait insupportable, puis certains la légitiment avec des travaux et montrent que c’est dur mais faisable, et petit à petit elle rentre dans la sphère politique.

Leur idée est ainsi de diffuser des ordres de grandeur qui permettront de disposer de points de repères pour comprendre l’impact de nos consommations sur le réchauffement climatique à travers un outil simple : l’empreinte carbone individuelle. J’y ai moi-même recours.  Par exemple, faire 1000km en voiture, c’est 2% de son empreinte carbone individuelle. Simple, basique, vous avez les bases. Pour autant, est-ce que cette méthode donne envie de renoncer ? Évidemment non. 

Bien sûr, clamer que les musulmans vont remplacer les français n’a rien à voir avec la division par 5 de notre empreinte carbone. D’ailleurs le premier concept est plus facile à diffuser que le second. Il repose sur des peurs, ne demande pas de changement et colle bien avec le ressenti. En le répétant assez fort assez souvent, il se diffusait naturellement. Pour l’empreinte carbone, c’est plus compliqué, car cela touche directement à nos actions propres. Nous sommes jugés à travers nos consommations. Nous détruisons concrètement la planète s’il faut 3 ou 4 planètes pour élargir notre mode de vie à tous les Terriens. Ce jugement est insupportable en l’état, parce que nous ne savons pas concrètement comment faire autrement. Il nous faut une méthode pour apprendre à renoncer, une vraie stratégie. Et celle-ci ne doit absolument pas reposer sur un objectif inaccessible. Je peux boire une tasse de café en moins, sauter un repas carné, c’est facile, mais pas maigrir de 80% du jour au lendemain.

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La stratégie de la renonciation

Dans un précédent article, j’exposais les principes généraux de la stratégie nécessaire pour mettre en place une transition écologique dans les communes. Ces principes sont applicables également dans le contexte du budget carbone;

Le plus gros défaut de la démarche actuelle est l’absence de réflexion autour des objectifs à mettre en avant. L’objectif final est trop souvent confondu avec l’objectif intermédiaire, ce qui au mieux brouille le message, au pire démotive tout le monde.

Si vous avez fait une fresque du climat, vous êtes sans doute ressorti de là démoralisé. Vous apprenez en quelques heures que la crise environnementale est bien pire que vous ne le pensiez, et qu’il est déjà trop tard pour les solutions faciles. Les écogestes ne suffisent pas et le gouvernement ne bouge pas. Super motivant ! Avec un peu de déveine, l’animateur a mis l’accent sur vos écogestes, et vous vous sentez coupable par-dessus le marché. Mais c’est normal, puisque les militants sont convaincus – à raison – qu’il faut agir tout de suite, puisque chaque centième de degré compte.

La vérité, c’est que les deux tonnes sont l’objectif pour 2050, c’est l’objectif final, celui sur lequel il ne faut pas communiquer. Nous devrions focaliser nos efforts sur un objectif auquel la majorité des français peuvent s’identifier, comme 8 tonnes de co2 par exemple. En fait, il faut un objectif smart.

  • Spécifique : Réduire son empreinte carbone (précis)
  • Mesurable : à 8T (indicateur précis, objectivement vérifiable)
  • Ambitieux : 2T (la moyenne est à 10T) c’est 25% de l’objectif final. C’est loin d’être insignifiant, mais pas non plus un sacrifice énorme. Tout est dans l’équilibre. 
  • Réaliste : les solutions pour y parvenir sont déjà connues et reposent essentiellement sur de la sobriété et des investissements pouvant être soutenus par l’Etat.
  • Temporellement défini : d’ici 2027 ( délai de 5 ans)

Les militants convaincus, ceux qui veulent agir concrètement pour la transition (bénévole ou amateur) savent ainsi qu’ils ne s’engagent pas pour un labeur de toute une vie qui va les décourager. D’ici 5 ans, l’objectif devra être atteint. Cela permet aussi de doser son effort, de mieux s’organiser et donc d’améliorer son efficacité.  Faire un effort, ce n’est pas vraiment renoncer, mais c’est mieux que de ne même pas vouloir essayer.

Cet objectif intermédiaire permettra d’aller voir plus facilement des alliés potentiels, car eux même s’en sentiront plus proche que de l’objectif final inaccessible pour le commun des mortels. C’est un moyen d’élargir son audience par un compromis sur lequel plus de personnes peuvent s’accorder que la simple frange très déterminée qui le pratique déjà au quotidien. 

Rappelons que nosgestesclimat n’a été utilisé que 500 000 fois, et encore,  il est possible que, comme moi, certains le fassent plusieurs fois pour tester les conséquences de leurs choix. Moins d’1% de la population a conscience de l’urgence à agir. 

Les inconvénients de l’empreinte carbone individuelle

Il y a des difficultés évidemment. L’empreinte carbone individuelle est un concept un peu bidon, c’est une moyenne qui ne s’applique qu’à 40% de la population, les plus riches essentiellement, qui sont ceux qui dépassent ce chiffre. 

Le premier décile, les individus les plus pauvres, ont une empreinte carbone autour de 4T par an. Ils vivent dans des studios, ne se chauffent quasiment pas, ne partent pas en vacances, mangent mal, n’achètent rien. Pour eux, cette injonction les renvoie à dégrader encore plus leur maigre train de vie. A l’inverse le 10ème décile tourne autour des 20 tonnes. La moyenne a 10 tonnes n’a aucun sens quand l’inégalité est aussi forte.

Et c’est pour cette raison que la transition est tout autant sociale que démocratique.Les études soulignent le lien étroit entre le niveau de revenu et la consommation. Les personnes aisés ont des plus grands logements, qu’il faut chauffer et meubler, avec des piscines et des jardins à entretenir. Ils partent plus souvent en voyage – en avion également – et ont des loisirs plus coûteux, des habitudes alimentaires plus carnées et alcoolisées. 

Bien sûr, un français habitant à 30km de son travail et habitant une passoire énergétique chauffée au fioul aura lui aussi une empreinte carbone excédentaire. Sa dépendance est conséquente et il ne peut pas facilement faire preuve de sobriété. Et c’est aussi pour ça que la localisation géographique est un facteur majeur de l’empreinte carbone, tout comme le nombre de personnes composant le ménage, comme je le rappelais précédemment. C’est pourquoi les discours sur la réduction de l’empreinte carbone sont incompréhensibles, puisqu’ils se heurtent frontalement au vécu des individus. Ils n’entendent que l’injonction culpabilisante à réduire, et oublient les explications autour de la progressivité de la démarche.

Malheureusement, c’est aussi le meilleur indicateur dont nous disposons pour relier les actions individuelles, les choix collectifs et les conséquences environnementales. Puisque nous ne pouvons pas changer l’outil, il faut impérativement revoir le message.

Mettre en oeuvre la méthode pour renoncer à la vie haut carbone

Bien sûr, revoir le message ne permettra pas d’obtenir de résultat miracle. L’idée est surtout d’établir un rapport de force qui ne vous soit pas immédiatement défavorable. Un objectif salutaire et accessible sera mieux accueilli par ceux qui ne le comprennent pas.

Le principal obstacle, c’est déjà de convaincre les collectivités et l’État de mettre en oeuvre la décarbonation des administrations. Pour l’instant, les actions sont encore anecdotiques, sauf en ce qui concerne la rénovation énergétique du tertiaire public. Or, sans action rapide et concrète en la matière, l’empreinte carbone ne pourra jamais suffisamment diminuer. Les élus ont pourtant un rôle d’exemplarité et de structuration de filières indispensables pour la réussite de la transition. S’ils ne passent pas à l’acte les premiers, personne ne s’y mettra vraiment.

pour l’instant, c’est superficiel dans les administrations, mais ça marche.

Une fois cette dynamique enclenchée, c’est en petits groupes, idéalement dans des cercles d’amis, entre pairs, qu’il faut mettre en oeuvre des défis de calcul de son empreinte carbone. La structure du Groupe d’Entraide Mutuelle, initialement réservé à certaines catégories de personnes avec un handicap invisible, gagnerait à être élargie à ce sujet. Il faut alors identifier ses points forts et faibles pour savoir comment agir. Les démarches menées par des gens que l’on connait, et avec lesquelles partager ses émotions, ses doutes, est un levier puissant pour passer à l’acte. C’est aussi pour cela que Carbone4, à travers son atelier Myco2, essaie de créer des groupes de gens qui se connaissent et peuvent entretenir cette dynamique commune.

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Car renoncer à la vie haut carbone ne doit pas être un exercice solitaire mené avec une méthode bien rôdée, mais avant tout une transformation collective. En la matière, les pouvoirs publics ont un rôle fort d’accompagnement. par exemple, les CCAS pourraient souligner des changements possibles à l’occasion d’une nouvelle étape dans sa vie : un mariage, une naissance, un emménagement, un décès, etc. Ces moments clés de nos existences sont le moment idéal pour repenser nos acquis, bouleverser nos habitudes et en prendre de meilleures.

Mais là encore, à chaque fois, il faut engager le changement sur de petites étapes avec des objectifs simples mais déjà ambitieux. Quand on est habitué à manger de la viande une à deux fois par jour, devenir végétarien n’est pas ambitieux, c’est carrément déraisonnable. Il faut y aller progressivement, un repas carné par jour pendant deux mois. Il sera bien temps ensuite de sauter un jour, puis deux, et ainsi de suite. Et même rester flexitarien est un objectif suffisamment valable. Pour ma part, je ne m’interdis pas des petits plats carnés comme des crêpes salées, des croque-monsieur, des pizzas, etc. ce sont des petites quantités, avec des viandes faiblement carbonées (porc, volaille), qui me permettent donc de concilier apport de protéine et alimentation bas carbone.

Rappelez vous que pour renoncer efficacement, votre méthode doit rester amusante et peu douloureuse.

Conclusion

Ainsi, nous ne devons pas communiquer sur les 2T mais sur un objectif intermédiaire qu’il sera bien temps de réactualiser d’ici quelques années. Certes, un chiffre trop haut donnera l’impression à certains qu’ils n’ont pas besoin de faire d’efforts, mais ce n’est pas grave. Car si les plus grosses empreintes commencent, ça renforcera le sentiment de justice sociale de la transition écologique, tout en permettant aux collectivités locales de mettre en place les dispositifs permettant d’aider à financer les investissements lourds (isolation, véhicule électrique) permettant d’aller plus loin. 

Nous devons apprendre que le renoncement est socialisé, et non individualisé. Avoir des objectifs non décourageants est une première étape d’une méthode pour apprendre à renoncer tous ensemble.

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Nicolas Falempin

Cadre de la fonction publique territoriale spécialisé en protection de l'environnement.  Mélange droit public, transition écologique et tasses de café pour créer un blog concret sur la transition des territoires.

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